L'analyse de l'image

reflets : peintre et photographe

Actuellement présente au musée Jacquemart-André dans le cadre d’une exposition comparative photo/peinture (jusqu’au 11 juillet seulement), une toile du peintre Gustave Caillebotte illustre un véritable travail de recherche sur les reflets.

caillebotte_dejeuner

Bien évidemment, le rendu sur écran ne traduit pas les transparences visibles sur l’oeuvre originale, ni même l’atmosphère de la scène, mais on y mesure néanmoins l’apport de la photo à travers l’instantanéité (cf les travaux de son frère Martial Caillebotte, photographe). Le cadrage tronqué au premier plan nous plonge dans la pièce. Le parallèle est évident avec la photographie que pratique Martial Caillebotte. Nous sommes dans une ambiance bourgeoise, probablement dans un appartement Haussmannien situé en hauteur. Ainsi la source lumineuse disponible qui vient de l’extérieur est savamment organisée.

La déformation des reflets à travers la verrerie, la modification des couleurs sur la table sombre laquée et la brillance des objets sont explorées avec une minutie extra-ordinaire.

Le spectateur entre dans le tableau par une demi-assiette déformée au premier plan qui produit le même effet que celui d’une prise de vue au grand angle. Ce type d’objectif conduirait d’ailleurs a amplifier la surface de la table comme le pratique l’auteur.

On est presque dans un plan de cinéma, il suffit d’imaginer un arrêt sur image puis le bouton play lance la scène et les acteurs s’animent dans une atmosphère pesante et concentrée. Laissons-nous porter : dehors ce sont les grands et larges boulevards construits à cette époque, symbole d’une circulation grandissante, abritant ces immeubles alignés à l’architecture si spécifique.

D’autres œuvres de yachting montrent le travail de reflets, ou celles d’inspirations très photographiques comme « le canotier au chapeau haut de forme ».

Ici elle s’intitule simplement « le déjeuner » – 1876 (52 cm x 75 cm).

Otto (focus).

 

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L’harmonie des dieux


Qu’y a t-il de commun entre toutes ces images ?

Un rapport qui se traduit par un nombre : 1,618, résultat de l’équation x2 – x – 1 = 0 soit x = (1 + 51/2)/2 que l’on retrouve dans la suite de Fibonacci.

On l’appelle aussi Phi (en hommage au sculpteur de l’antiquité grecque Phidias) ou nombre d’or.

A partir de ce nombre, ont été construits entre autres : la pyramide de Chéops, le Parthénon et beaucoup de tableaux de la Renaissance.

Le fameux dessin de Léonard de Vinci nous montre un homme les bras écartés qui s’inscrit à la fois dans un cercle et dans un carré. Le rapport de la hauteur totale du corps humain à la hauteur du nombril est égal au nombre d’or.

On l’évoque pour exprimer des proportions harmonieuses parfois qualifiées de divines.

Quel intérêt photographique peut-on en tirer ?

A travers ces segments, le nombre d’or apparaîtra lorsque l’égalité suivante est vérifiée : y/(x-y)=x/y.

Concrètement, on peut dire que cette proportion harmonieuse se révèle lorsque le rapport entre la plus grande partie et la plus petite équivaut au rapport entre le tout et la plus grande.

Nos photos ne sont peut-être pas amenées à traverser les siècles comme les oeuvres de Léonard de Vinci, mais la beauté peut aussi se mesurer et n’est pas seulement le fruit du hasard.

Ph-Otto-graphiquement vôtre.

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… et la suite de Fibonacci

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La règle des tiers ou quand la dissymétrie est agréable à l’oeil

Quelle proportion donner au sujet dans une photo ?
Fault-il le centrer ? jouer la dissymétrie ? y a t-il des règles ?
Tout cela est très subjectif. Néanmoins on ne peut ignorer la règle des tiers.

Découpons l’image en trois horizontalement et verticalement puis observons le cadrage résultant.

Il s’en dégage une dissymétrie. L’enfant se trouve désormais sur une ligne verticale dite ligne de force.
De plus, le regard est lui précisément à l’intersection de deux lignes de force sur ce qu’on appelle un point de force, forcément il y en a quatre.
Que se passe t-il ? L’impact est plus fort mais le déséquilibre reste esthétique.

Centrons maintenant le personnage.
Que se passe t-il ? rien ou plutôt si, l’image semble statique, moins agréable à regarder, elle n’est plus aérée, le personnage est comme enfermé dans son cadre. Imaginons le centrage total, l’oeil sur le collimateur autofocus au beau milieu du capteur, déjà l’ennui me gagne à l’idée de devoir regarder tout l’album, pas vous ?
Tout cela a été expliqué depuis très longtemps par l’architecte romain Marcus Vitruvius Pollio, mais nous évoquerons ses travaux sur le nombre d’or dans un prochain article.

Ph-Otto-graphiquement votre.

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Contemplation contemporaine

En fait, ce qui m’étonne toujours à travers la photo, c’est l’aptitude à contempler.

Opposer le silence d’une image au bruissement des mots.

magazine Azart photo

magazine Azart photo

J’ai récemment découvert à la bibliothèque de Tours, un magazine trimestriel qui se veut avant tout dédié à la photographie contemporaine.

Utopique, performé, onirique, fictif, c’est avec plaisir et délectation que j’ai parcouru les travaux exploratifs de mes contemporains passionnés.

Vous trouverez le site ici.

Ph-Otto-graphiquement votre

Un commentaire

Gericault_La_zattera_della_Medusa

Réflexion : quel regard ?

Difficile d’accorder notre regard sur une image. Cela pose de nombreuses questions, celles du sens, de l’esthétisme, de l’émotion.

Dans le radeau de la méduse, les cadavres sont représentés avec un réalisme brutal presque morbide. Le clair-obscur nous porte vers l’expression dramatique. La composition est équilibrée,  bâtie sur des diagonales.

Nos photos sont ainsi faites. Elles expriment une revanche sur le temps, saisissent l’instant furtif d’une émotion. L’ombre qui ne vit qu’à travers la lumière sculpte le relief et la profondeur d’une scène. Il s’en dégage une ambiance unique.

Notre œil se penche sur un détail. Notre cerveau transporte notre imaginaire au delà du format proposé. Le cadrage est aérien ou au contraire nous enferme. Les perspectives influencent notre jugement. La suggestion des lignes, des formes ou des couleurs nous attire ou nous repousse.

Sous des angles ou des éclairages différents, tout est mouvant, tout émouvant est le regard de l’autre que l’on cherche ou que l’on capture.

Voleurs d’âmes avides d’émotions, sculpteurs de pixels, « sublimateurs » d’humains, témoins de notre condition, on vous attend sur ce temple du cliché et à travers ce portail.

Et vous, saurez-vous nous dire ce que vous recherchez ?

Photographiquement votre.

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